
"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ..."
Tu reposes à présent loin du tumulte de la vie, de cette société effrénée qui va toujours trop vite, qui s'emballe, s'essouffle et court à sa perte. Tu as trouvé ton chemin dans ce labyrinthe qu'est la vie.
Tu as parcouru le monde de ton regard aiguisé et de ton esprit curieux, comme un ethnologue allant à la rencontre des civilisations étrangères, en quête des autres, en quête de toi.
Egoïstement, j'aurais voulu que tu restes ... pour continuer à te raconter mes histoires, à te piquer tes clopes, à te saouler de mes interprétations sur l'exposition que nous venions de voir, à te gâter pour tes anniversaires.
J'attendais ton retour, pour nos diners nos verres de vin rouge et tes blagues pourries, pour tes jeux de mots idiots, pour fumer et refaire le monde, pour jouer aux echecs, pour s'échanger des livres, pour repeindre le futur appartement, pour se partager et s'échanger sur la vie, sur les gens, sur nous ...
J'attendais ton retour, pour nos diners nos verres de vin rouge et tes blagues pourries, pour tes jeux de mots idiots, pour fumer et refaire le monde, pour jouer aux echecs, pour s'échanger des livres, pour repeindre le futur appartement, pour se partager et s'échanger sur la vie, sur les gens, sur nous ...
Notre dernier échange de livre :
Toi : les versets sataniques de Salman Rushdie
Moi : la 25ème heure de Gheorgiu Virgil
J'aurais aimé partager avec toi tes impressions de ce pays magique où tu t'es rencontré. J'imagine ce pays qu'est l'Inde, comme un pays mystique duquel, on ne ressort pas indemne. Discussions interminables sur ce qui t'as fasciné, attiré, révulsé ...
J'attendais ton retour avec l'impatience d'une petite fille qui attend qu'on lui raconte les histoires d'un monde magique, mystérieux et lointain. Tu as toujours été pour moi un personnage, un globe trotteur, un aventurier, mon Indiana Jones. Tu étais cet homme authentique qui n'avait peur de rien, qui allait au devant de sa vie, plein d'esprit et de malice, pétrit de curiosité.
Le livre l'errance de Depardon te caractérise très bien.
Le problème de l'errance dit il, n'est rien d'autre que celui du lieu acceptable.
Tu as trouvé ton lieu acceptable ... acceptable pour qui ?
Tout cela revient à une seule question : qu'est ce que je fais là ?
"L'errant en quête du lieu acceptable se situe dans un espace très particulier, l'espace intermédiaire. A l'espace intermédiaire correspond un temps intermédiaire, une temporalité flottante. Ce temps flottant est le temps du regard sur l'histoire, où l'errant s'interroge sur le passé en même temps qu'il réfléchit sur son futur proche [...] l'errant s'efface, devient silencieux et se livre à l'expérience du monde, c'est pourquoi il ne peut y avoir d'errance immobile."